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Dépression: Des bactéries intestinales pourraient jouer un rôle dans la maladie

07 février 2019

Dépression: Des bactéries intestinales pourraient jouer un rôle dans la maladie

Des chercheurs belges ont établi l'existence d'un lien statistique entre le nombre de certaines bactéries dans notre intestin et le niveau de bien-être

 

Le ventre est souvent considéré comme le deuxième cerveau de l’homme. Une nouvelle étude publiée ce lundi dans la revue scientifique Nature Microbiologytend à le confirmer. Des bactéries présentes dans notre intestin pourraient ainsi avoir un impact sur notre équilibre mental, et notamment sur la probabilité de souffrir de dépression.

Une équipe de chercheurs belges a analysé les échantillons de selles de plus de 1.000 personnes volontaires et observé que deux familles de bactéries étaient systématiquement moins nombreuses chez les personnes dépressives, y compris celles sous traitement par antidépresseurs.

 

Les liens entre intestin et cerveau restent un mystère

 

L’étude a validé l’existence d’un lien statistique entre le nombre de certaines bactéries et le niveau de bien-être et de santé mentale, explique l’article. Elle ne démontre cependant pas de lien de cause à effet, souligne toutefois Jeroen Raes, l’un des auteurs principaux, ajoutant que la compréhension des liens entre intestin et cerveau en est à ses balbutiements.

Les familles de bactéries concernées, Coprococcus et Dialister, sont connues pour avoir des propriétés anti-inflammatoires. Or « on sait par ailleurs que l’inflammation des tissus nerveux joue un rôle important dans la dépression. Donc notre hypothèse c’est que les deux sont liés d’une façon ou d’une autre », a expliqué ce professeur de microbiologie à l’université KU de Louvain.

 

Une piste vers de nouveaux traitements ?

 

« L’idée que des substances issues du métabolisme de microbes puissent interagir avec notre cerveau, et donc avec notre comportement et nos sentiments, est intrigante, reconnaît Jeroen Raes. Jusqu’à présent, la plupart des études portaient sur les souris ou sur un petit nombre de personnes, et les résultats étaient mitigés et contradictoires ».
300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, selon l’Organisation mondiale de la santé. Parfois qualifiée d'« épidémie silencieuse », cette pathologie est l’une des principales causes des quelque 800.000 suicides recensés chaque année.
Les antidépresseurs font actuellement partie des médicaments les plus prescrits dans de nombreux pays. Mais ces recherches pourraient ouvrir la voie à de nouveaux types de traitements pour cette maladie, estime Jeroen Raes : « Je pense vraiment que c’est une voie d’avenir : utiliser des mélanges issus de bactéries en guise de traitement 

 

 

 

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